Les variantes

Le succès de l’architecture du Renault FT ne s'arrête pas aux versions de combats purs.

La plateforme de combat FT est tellement bien conçue que des versions spécialisées sont aussi étudiées et développées. Dès 1917, Pour répondre à des besoins de communication sur le champ de bataille et de puissance de feu accrue, le châssis va être modifié pour donner naissance à des versions spécialisées indispensables à la cohérence de l’assaut.

Avec le retour d’expérience des premiers engagements de chars, il apparait que les chars sont rapidement isolés tactiquement. Une fois la ligne de départ franchie, les équipages sont sourds et aveugles aux ordres du commandement. Les pigeons voyageurs et les coureurs d’infanterie montrent vite leurs limites sous les barrages d’artillerie.

La réponse technique est le FT TSF, pour Télégraphie Sans Fil. Sur cette version, la tourelle rotative disparait complètement. Elle est remplacée par une grande casemate en plaques de blindage rivetées. Fixe et beaucoup plus haute, elle donne au char une silhouette atypique

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Le TSF perd sa tourelle au profit d'une casemate fixe équipée d'une radio. Il perd alors tout armement pour se défendre ou attaquer

A l’intérieur, l’équipage passe à 3 hommes : le pilote, un opérateur radio et un observateur. Le char embarque un poste émetteur-récepteur ER 10. Pour déployer l’antenne, les hommes doivent installer un grand mât télescopique en bois à l’extérieur du char lorsque celui-ci est à l’arrêt. En contrepartie, le FT TSF ne possède aucune arme à bord. Sa survie ne dépend que de sa capacité à rester légèrement en retrait pour coordonner les mouvements des sections de combat et transmettre les informations en temps réel au poste de commandement. Environ 200 exemplaires seront construits.

Si le canon de 37 mm est parfait contre les cibles légères, il manque cruellement de puissance explosive face aux grands bunkers en béton ou aux abris fortifiés de la ligne Hindenburg. L’armée demande alors une variante d’appui feu lourd du Renault FT.

Les ingénieurs reprennent une idée similaire au TSF en remplaçant la tourelle par une casemate fixe et surélevée, mais cette fois de forme octogonale. A l’avant de cette structure est installé un obusier court de 75 mm de type Blockhaus Schneider, ce qui donnera le nom de cette version.

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Le FT BS est facilement reconnaissable avec sa tourelle plus haute et son canon très court de 75 mm

L’intégration mécanique d’un tel canon dans un blindé si compact est un tour de force. La place à bord, déjà restreinte, devient un cauchemar ergonomique. Le char transporte une trentaine d’obus de 75 mm et gagne une portée théorique de 2500 m. Commandé trop tardivement, le FT BS ne verra quasiment pas le feu en 1918, mais il pose déjà les bases de ce qu’on appellera plus tard les canons automoteurs, puis les chasseurs de chars qui en sont dérivés.

D’autres versions, produites en très petites séries ou restées au stade de prototypes complètent la famille. On trouve ainsi des FT Projecteurs, équipées d’un gros phare de recherche à la place du canon pour les opérations nocturnes ainsi que des versions de dépannage où l’armement est remplacé par une potence de levage afin de remorquer les chars en panne ou embourbés.


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