Face à ces déboires, Washington acquiert la licence de fabrication du Renault FT, mais les usines américaines éprouvent de grandes difficultés à produire un engin blindé assemblé presque à la main et avec des mesures métriques. En effet, les cotes sont différentes d'un véhicule à l'autre, ce qui rend ardue l'idée d'industrialisation, où le principe de rationalisation est fondamental.
Au final, seulement 64 Six-ton Tanks ou M1917 Light Tanks voient le jour avant la fin de la guerre, et une dizaine est déployée en Europe, sans jamais avoir tiré la moindre munition contre les Allemands. Le Six-Ton Tank sera toutefois construit à 950 exemplaires, formant entre autres l'ossature des Light Tank Battalions jusque dans les années 1930.

Un autre projet est menée en parallèle, celui d'un nouveau char lourd, désigné Mark VIII, de type rhomboédrique ou à chenille enveloppantes. Cette fois, si l'aide anglaise est sollicité pour la conception, les tâches industrielles sont réparties entre les trois alliés. Le site de production devra être installé dans le centre de la France, à Neuvy-Pailloux. Les Britanniques fourniront les plaques d'acier, l'armement et le train de roulement. Enfin, les Américains seront en charge des principaux organes mécaniques, dont le moteur, un 12 cylindres Liberty initialement destiné à l'avion biplan DH-4.

Le 19 janvier 1918, un calendrier est rédigé avec pour objectif une livraison de 1500 blindés sur l'année 1918, puis après une montée en puissance de l'usine, une fabrication très ambitieuse de 1200 blindés par mois est envisagée. Au total, 15 000 chars lourds Mark VIII sont prévus.
