La fabrication de la vingtaine d'A7V commandés ne s'est pas faite d'un bloc. Au fil de l'assemblage, la caisse subit d'importantes évolutions structurelles, principalement dictées par les capacités des aciéries et les retours d'expérience du terrain.
L'exemplaire de pré-série, le châssis n° 501, fait d'abord figure d'exception. En raison des retards d'approvisionnement en pièces d'artillerie, il sort d'usine armé de quatre mitrailleuses et de deux lance-flammes. Blindé par la firme Röchling, ce prototype se distingue par ses marchepieds d'accès aux portes et des garde-boue couvrants protégés sur toute la longueur du train de roulement.

Les quatre exemplaires suivants forment la première série de commande, recouverts d'acier de blindage fourni par Röchling. Le canon de 57 mm y est monté sur le premier affût chevalet et les tuyaux d'échappement débouchent directement en bas des flancs. Sur cette version, les marchepieds disparaissent, les portes ne comptent plus que trois charnières et les garde-boue sont réduits à deux pièces articulées aux extrémités pour faciliter l'accès à la roue tendeuse et au barbotin.
Les cinq A7V suivants sont ensuite confiés à l'aciériste Krupp, mais l'expérience tourne à la prise de tête industrielle. Krupp peine à livrer des dalles d'acier régulières et ses plaques manquent tellement de planéité qu'il est impossible de les monter d'un seul tenant sur l'armature. Pour contourner le problème, les ingénieurs sont contraints de découper les blindages : les flancs Krupp sont ainsi constitués de cinq plaques distinctes, tandis que la proue et la poupe sont assemblées en deux morceaux. Cette série reçoit également le nouvel affût chandelier. Cependant, les sorties d'échappement directes positionnées bas sur la caisse ont tendance à se boucher dans la boue, provoquant des pertes de puissance et des étouffements moteurs. Par la suite, les blindés seront donc équipés de sorties diagonales surélevées.

Les dix derniers exemplaires repassent finalement sous la responsabilité de la firme Röchling. L'aciériste réintroduit des plaques de blindage d'un seul tenant pour la proue, la poupe et les flancs, ce qui améliore nettement la résistance structurelle à l'impact par rapport aux assemblages de Krupp. Les garde-boue repassent eux aussi en un seul morceau, scellant ainsi l'aspect définitif de l'A7V de fin de série.
