Arsenal étranger

Dans sa configuration initiale, la première commande de dix chars prévoyait une doctrine calquée sur les Britanniques : huit engins armés uniquement de mitrailleuses (Femelles) et deux seulement dotés de canons (Males). Mais le choc de la bataille de Cambrai, le 20 novembre 1917, balaye ces certitudes. Face à l'efficacité des tirs d'appui blindés, le haut commandement réagit trois jours plus tard et ordonne que la totalité des vingt A7V de série reçoivent un canon en proue.

Le canon automatique Becker de 20 mm est rapidement écarté en raison de ses enrayages chroniques. Les pièces allemandes standard, comme le Feldkanone de 77 mm ou le canon d'infanterie de 50 mm, s'avèrent quant à elles trop encombrantes pour l'habitacle. La solution vient finalement des stocks de prises de guerre : le canon de 57 mm Maxim-Nordenfelt, capturé en grand nombre dans les fortifications belges.

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Cette pièce de 57 mm présente des atouts décisifs pour l'aménagement intérieur du char.

Son recul est contenu à seulement 15 cm grâce à deux freins élastiques encadrant le tube, tandis que sa culasse à vis excentrique garantit une cadence de tir soutenue. Installé au centre de la proue, le tube offre un débattement horizontal de 45° de chaque côté et un pointage en hauteur allant de -20° à +20°. Sur les cinq premiers A7V produits, le canon est monté sur un affût chevalet. Bien que simple à fabriquer, ce support à manivelles impose des réglages laborieux, très peu adaptés aux mouvements constants du blindé en tout-terrain.

Alors même que la première caisse d'A7V n'est pas encore achevée, l'Allemagne tente de corriger le tir en lançant un projet parallèle : l'A7V/U (Umlaufende Kette ou chenilles enveloppantes).

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L'A7V/U, la copie allemande du tank anglais

Directement inspiré par la forme rhomboïdale des tanks britanniques, cet engin intègre la suspension du premier A7V mais déplace ses deux pièces de 57 mm dans des casemates latérales. Pour ce modèle, les ingénieurs mettent au point l'affût chandelier : un pilier central pivotant sur lequel est fixé le siège du tireur. Suivant les mouvements de sa pièce, l'artilleur gagne considérablement en rapidité et en précision de pointage. Jugé très supérieur, ce système d'affût chandelier est immédiatement adopté pour rééquiper la série classique de l'A7V, devenant le standard à partir du sixième exemplaire assemblé.


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