Apparu à l'été 1943 sur les lignes d'assemblage allemandes, le revêtement Zimmerit est une pâte spéciale conçue pour protéger les blindés contre les attaques de mines magnétiques à charge creuse. Son nom dérive directement de la firme Chemische Werke Zimmer AG, l'entreprise chargée de sa mise au point.
L'apparition de cette pâte découle d'une décision préventive du haut commandement allemand. Utilisant elle-même la redoutable charge magnétique Hafthohlladung, la Wehrmacht redoute que les Alliés ne copient cette technologie pour la retourner contre ses propres Panzers. En réalité, ni l'Armée rouge ni les forces américaines ne déploieront de telles armes à grande échelle, leur préférant l'usage des fusils antichars, des grenades lourdes et des lance-roquettes individuels, bien plus souples d'emploi.

Analysée à la fin de guerre par les Alliés, la formule de la Zimmerit repose sur un mélange de 40 % de sulfate de baryum, 25 % de résine d'acritate de polyvinyle (le liant), 15 % d'ocre pour la teinte terre, 10 % de poussière de zinc et 10 % de sciure de bois. La Zimmerit n'est pas un matériau « anti-magnétique » en soi, mais agit comme un simple séparateur amagnétique. Badigeonnée sur les plaques d'acier sur une épaisseur de 5 à 6 mm (représentant environ 200 kg de pâte sur un Tiger I), elle crée une distance physique suffisante entre l'aimant et le métal. Incapables de s'agripper à la paroi, les charges glissent et tombent au sol sous l'effet de leur propre poids et des vibrations du véhicule.
Appliquée à la spatule ou au peigne cranté, la pâte est striée pour former des motifs en relief : en « crêtes » verticales, en quadrillage ou en « gaufre » sur certains StuG III. Ces dessins permettent de maximiser l'épaisseur perçue tout en réduisant la quantité de matière. Sa texture rugueuse présente un avantage secondaire appréciable en cassant les grandes surfaces planes réfléchissantes, diminuant ainsi les reflets du soleil sur la coque.

Appliquée quasi exclusivement en usine, la Zimmerit impose une charge logistique lourde : le séchage naturel peut atteindre huit jours, bien que les ouvriers utilisent souvent des chalumeaux pour accélérer le processus.

L'application est interrompu définitivement le 9 septembre 1944. La raison officielle évoque les facultés de la pâte à s'enflammer en cas d'impact. Cette explication se révèle fausse mais l'ordre de suspension ne sera jamais levé. Il est en revanche bien plus probable que l'application de la zimmerit soit arrêté à cause de son temps de séchage de plusieurs jours, retardant de ce fait l'acheminement des chars neufs vers les zones de combat. En effet, en septembre 1944, la wehrmacht n'a pas les moyens de laisser sécher sagement ses chars en usines tant le contexte devient difficile sur le front de l'Est comme sur le front de l'Ouest et que la pénurie de chars opérationnels est alarmante.

Le 9 septembre 1944, son application est définitivement stoppée par le Heereswaffenamt. La rumeur officielle prétexte que le revêtement s'enflammerait sous les impacts d'obus — une affirmation rapidement démentie par des essais sur le terrain. En réalité, la décision est purement pragmatique : face à la situation critique sur les fronts de l'Est et de l'Ouest, l'industrie allemande ne peut plus se permettre de perdre un temps précieux en usine pour contrer une menace qui n'a jamais réellement existé chez ses adversaires.

Après-guerre, si les Britanniques mèneront quelques essais comparatifs, la généralisation des lance-roquettes antichars rendra définitivement l'usage des mines magnétiques obsolète.