La charge creuse possède un avantage immense pour l'infanterie : son pouvoir de perforation ne dépend pas de la vitesse du lanceur, contrairement aux obus perforants cinétiques. Qu'elle soit lancée à la main ou tirée par un tube, sa puissance reste identique. Cependant, sa mise en œuvre est un cauchemar d'ingénierie :

La distance de stand-off (mise à feu) : Le projectile doit exploser à une distance millimétrée du blindage. Trop tôt ? Le jet s'évase et se dissipe. Trop tard ? Le jet n'a pas le temps de se former. Les premières grenades à main (comme la Mk.68 britannique et ses 50 mm de perforation théoriques) étaient ainsi très dures à utiliser efficacement sur le terrain.

L'ennemi de la charge creuse : la rotation : Si on tire la munition dans un canon à tube rayé classique, la force centrifuge disperse le jet métallique et détruit son efficacité. Il faudra attendre l'après-guerre pour voir des innovations majeures, comme l'obus "G" français, stabilisé par empennage (ailettes) ou doté d'une charge montée sur roulements à billes pour ne pas tourner avec l'obus.